Ne dites plus «IPO», mais «ICO» : la Ruée vers l’or numérique

Notre aticle du 20 avril dernier  vous présentait déjà ce mode de Financement : les ICO. Les «initial coin offerings» qui permettent à des start-up de lever des fonds rapidement grâce à des monnaies virtuelles ou digital asset. Elles sont à mi-chemin entre l’entrée en bourse et le crowdfunding. Toujours plus populaires, elles sont néanmoins risquées C’est la tendance branchée du moment pour financer un projet. Celle qui fait du crowdfunding (financement participatif) un outil déjà dépassé, sans parler des entrées en bourse (IPO), qui apparaissent ringardes. Les ICO (pour initial coin offerings, qu’on peut traduire par «levées de fonds en cryptomonnaie») font des miracles pour la levée de fonds les start-up qui s’y sont essayées et dans un temps record.

Dernièrement les projets et les montants levées s’accélèrent nous avons eu :

  • Cosmos, une start-up spécialisée dans la blockchain, a levé l’équivalent de 15 millions de francs suise en trente minutes
  • Gnosis, qui fait des prévisions de marché depuis Gibraltar, a obtenu plus de 12 millions de dollars en douze minutes.
  • Brave  projet américain, lancé par le cofondateur de Mozilla. En trente secondes, le 1er juin, la start-up a récolté 35 millions de dollars en cryptomonnaie pour développer un nouveau navigateur, vendu comme étant plus rapide, permettant des transactions en monnaie virtuelle et offrant des fonctions de publicité dans le navigateur.
  • Polybius Une «crypto-banque», une initiative suisso-estonienne, a récolté 31,6 millions de dollars en bitcoins pour financer son projet de crypto-banque. Le site était très explicite sur les étapes qui pourront être franchies en fonction des montants levés et prévoyait de commencer ses activités vers la fin de cette année.
  • Bancor a récolté 153 millions de dollars pour développer une plateforme d’échange et promotion des tokens
  •  EOS  a levé 175 millions d’euros pour nouvelle crypto-monnaie avec une architecture de blockchain destinée au développement d’applications décentralisées. Elle est basée sur la DPoS (preuve d’enjeu déléguée) pour améliorer les problèmes Ethreum.
  • Tezos dernier record en date a levé 232 milions de dollards pour une nouvelle crypto-monnaie qui elle aussi permet de résoudre les problèmes de gouvernance qu’Ethereum peut avoir.

Ces deux dernières ICO peuvent expliquer en partie le sale off sur Ethereum. L’écosystème Ethereum pouvant être concurrencé par d’autres crypto-monnaies.

Concrètement, une start-up dévoile un projet, évalue son besoin de fonds et lance son offre. Les investisseurs participent en payant en cryptomonnaie (le plus souvent des bitcoins ou des ethers) en échange de «jetons» (tokens), qui serviront à acquérir des produits ou services ou une part des bénéfice lorsque la production aura commencé. La plus part du temps ces tokens sont rapidement ouverte au trade sur les pricipales plateformes d’échanges

Ce mode de financement est intéressant. Une ICO est l’équivalent d’une IPO, mais sur la blockchain et non à la bourse. De plus en plus de start-up y font appel. Ce mode de financement vient supplanter, les venture capitalists, ces investisseurs qui soutiennent les start-up au cours des douze derniers mois, les start-up de l’écosystème blockchain ont levé 2,4 fois plus d’argent grâce aux ICO que via les fonds de capital-risque classiques (330 millions contre 140 millions).

Les ICO sont un mélange de crowdfunding et d’IPO. A quelques différences près, et pas forcément des plus avantageuses, les jetons ne sont pas régulés, audités, ni même parfois émis par des personnes identifiées. Et la technique diffère des IPO dans le sens où ces dernières permettent de recevoir des parts d’une entreprise opérationnelle, tandis que les ICO servent à financer des projets qui doivent être développés.» De fait, on ne sait pas très bien si les ICO sont légales. Elles ne sont en tout cas pas régulées et le risque de fraude et d’escroquerie est réel. La plupart des projets sont encore de simples idées pour lesquelles aucun prototype n’a été construit et les valorisations deviennent gigantesques.

Si il y a «un effet de hype» qui dope ces projets, la tendance ne va selon nous pas s’arrêter: «Il est en effet beaucoup plus facile de mettre de l’argent dans le monde crypto que d’en sortir, et il y a donc d’énormes masses d’argent à disposition qui attendent d’être placées.»